Au début des années 2000, la situation démographique de Saint-Camille suscite de vives inquiétudes. La baisse de population menace alors la survie de l’école primaire et, par conséquent, l’avenir même de plusieurs services de proximité. Face à ce constat, la municipalité confie au P’tit bonheur de St-Camille le mandat de réfléchir à des solutions pour renverser la tendance et atteindre un objectif ambitieux : augmenter la population de 10 % en dix ans.
De cette réflexion collective naît l’un des projets les plus marquants de l’histoire récente du village : le projet des fermettes du rang 13.

Un projet audacieux
L’idée semble au départ difficile à concrétiser. Sur une vaste terre boisée de 300 acres, traversée par la rivière Nicolet et située à environ neuf kilomètres du village, on imagine accueillir 25 familles souhaitant habiter le territoire à l’année et développer des activités agroforestières.
Avec l’appui du propriétaire des terrains, Marc-André Charland, les futurs résidents se regroupent au sein de la Coopérative du rang 13. Cette organisation collective leur permet de mettre en place les infrastructures nécessaires à leur établissement — chemins, électricité et télécommunications — et de concrétiser progressivement le projet.
Des retombées importantes pour la communauté
Les résultats dépassent rapidement les attentes. Plutôt que l’objectif initial de 10 %, la population de Saint-Camille augmente de 17 % en dix ans. Cette croissance contribue à rajeunir la communauté : l’âge médian du village passe sous celui du Québec.
L’arrivée de nouvelles familles a aussi un impact direct sur la vie locale. Une trentaine d’enfants d’âge scolaire fréquentent l’école du village, permettant l’ouverture d’une nouvelle classe. Les nouveaux résidents s’impliquent activement dans les organisations communautaires, culturelles et économiques du territoire.
Le développement du rang 13 entraîne également des retombées économiques significatives. La valeur de l’évaluation municipale du secteur passe d’environ 250 000 $ en 2006 à plus de 4 millions de dollars en 2014. L’arrivée de l’Internet haute vitesse favorise par ailleurs l’établissement d’entrepreneurs et de travailleurs pouvant exercer leur métier à distance.

Un mode de vie rural assumé
Même si peu de résidents vivent principalement de l’agriculture, la grande majorité des ménages installés dans le secteur adopte un mode de vie profondément ancré dans le territoire. Jardinage, petits élevages, activités forestières ou cueillette sauvage font partie du quotidien de plusieurs familles, qui contribuent ainsi à entretenir et valoriser les paysages du rang 13.
Une source d’inspiration
Aujourd’hui, plus de vingt ans après son lancement, le projet des fermettes du rang 13 demeure une source d’inspiration importante pour les initiatives qui cherchent à renouveler l’habitation en milieu rural.
L’expérience acquise à travers cette mobilisation collective nourrit notamment la réflexion derrière de nouveaux projets comme Les Arpents solidaires, qui s’inscrivent dans la continuité de cette volonté d’accueillir de nouvelles familles tout en valorisant le territoire et l’agriculture de proximité.


Laisser un commentaire